mercredi, juin 10, 2009

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Les Monologues du Vagin - Eve Ensler



"J'ai rencontré des femmes qui avaient entre 65 et 75 ans. Ces interviews ont été les plus émouvantes de toutes. Sans doute parce que presque aucune de ces femmes n'avait parlé de son vagin auparavant. [...]

L'inondation

Là, en bas ? J'y suis pas allée voir depuis 1953. Non, ça n'a rien à voir avec la victoire d'Eisenhower aux élections. Non, non, c'est comme une cave. C'est humide, c'est moisi. Croyez-moi, on n'a pas envie d'y aller voir. Ça rend malade. On suffoque. C'est dégoutant. Ça sent l'humidité, la moisissure et tout ... Beurk ! L'odeur est insupportable. Ça imprègne les vêtements.

Non, il n'y a pas eu d'accident. Il n'y a jamais eu le feu, pas d'explosion, rien. Rien d'aussi grave. Enfin ... non, ça ne fait rien. Je ne peux pas vous parler de ça. Qu'est ce qu'une jeune femme intelligente comme vous a besoin de faire parler une vieille dame de son truc, là, en bas ? De mon temps, on ne parlait pas de ces choses-là.

Quoi ? ... Mon Dieu ! Bon, d'accord.
Il y a eu un garçon, Andy Leftkov. Il était tellement mignon _ enfin, je le trouvais mignon. Il était grand comme moi et vraiment je l'aimais bien. Il m'a demandé de sortir avec lui. Dans sa voiture ...

Non, je ne peux pas vous raconter ça. Je ne peux pas vous parler de ça, là, en bas. On sait que c'est là, point. Comme la cave. Quelque fois, ça gargouille. [...] A part ça, la porte est toujours fermée et on l'oublie. Je veux dire, ça fait partie de la maison, mais on ne le voit pas, on n'y pense pas.

Hein ? Andy. Andy Leftkov. Oui. Il était très bien. Et c'était un beau parti. De mon temps, c'est comme ça qu'on disait.
Nous étions dans sa voiture, une Chevrolet blanche toute neuve. Je me souviens, je me suis dit que j'avais des trop longues jambes pour les sièges. J'ai des longues jambes. Elles butaient sur la boîte à gants.
J'étais en train de regarder mes gros genoux, quand subitement il m'a embrassée d'autorité comme dans les films. Et ça m'a exitée. Ca m'a tellement exitée que ... eh bien, qu'il y a eu une innondation, là, en bas. Je ne pouvais pas me contrôler. C'était comme un flot de passion, un torrent de vie qui jaillissait de moi, traversait ma culotte et se répandait sur le siège de sa Chevrolet blanche toute neuve. C'était pas du pipi et ça sentait _ enfin, moi j'ai rien sentit du tout, mais lui, Andy, il a dit que ça sentait comme du lait qui a tourné et que ça allait tacher le siège de sa voiture. Il a dit que j'étais "une fille pas normale" et que je "puais". J'ai voulu lui expliquer que c'était son baiser qui m'avait prise par surprise, que d'habitude, je ne faisais pas ça. [...]
Andy m'a raccompagnée à la maison sans dire un mot et quand je suis descendue, quand j'ai fermé la portière de sa voiture, j'ai fermé la boutique pour toujours. A double tour. Cessation d'activité. J'ai plus jamais rouvert. Je suis sortie avec d'autres garçons après ça, mais l'idée d'une nouvelle innondation me rendait trop nerveuse, ça me bloquait. Je ne me suis plus jamais laissée aller.

Je faisais des rêves, des rêves insensés. Oh, vraiment idiots. Pourquoi Burt Reynolds ? ! Je ne sais pas pourquoi. Il ne m'a jamais fait beaucoup d'effet dans la vie. Mais dans mes rêves ... il y avait toujours Burt Reynolds, Burt et moi. On sort tous les deux. Dans le restaurant d'un casino. [...] Et là, il me regarde dans les yeux, il m'attire vers lui, en plein milieu du restaurant, et juste au moment où il va m'embrasser, toute la salle se met à trembler, des pigeons s'envolent de dessous les tables _ je n'ai jamais compris ce que les pigeons venaient faire là dedans _ et l'inondation commence, venant de là, en bas.
Ca sort de moi. Et ça coule et ça coule. Il y a des petits bateaux et des poissons et tout le restaurant se remplit d'eau et Burt est là, debout, avec de l'eau jusqu'aux genoux, l'air horriblement déçu parce que je lui ai refait le coup une fois de plus. Il est consterné de voir ses amis, Dean Martin, rien que des gens comme ça, passant à la nage devant nous en smoking et en robe du soir.

Maintenant je ne fais plus ce rêve. Plus depuis qu'on m'a retiré tout ce qui avait un rapport avec ça, là, en bas. L'utérus, les trompes, et tout le reste. Le chirurgien a voulu être drôle. Il m'a dit : "Quand on s'en sert pas, on le garde pas." Mais en réalité, j'ai appris que j'avais un cancer. Il fallait tout enlever tout autour. De toute façon, à quoi ça me servait ? Et puis tout ça, c'est bien surfait. J'adore les expositions canines. Je vends des antiquités.

Je vous demande pardon ? Quoi ? ... Vous me demandez comment je l'habillerais ? C'est quoi cette question ? Comment je l'habillerais ? Avec une grande pancarte : FERME POUR CAUSE D'INONDATION

Qu'est ce qu'il dirait ? Je vous l'ai expliqué. C'est pas une personne qui parle. C'est une chose qui ne parle plus depuis longtemps. Ce n'est qu'un endroit. Un endroit où on ne va pas. C'est fermé. Là, en bas.

Vous êtes contente ? Vous m'avez fait parler _ vous m'avez fait sortir tout ça. Vous avez fait parler une vieille dame de son truc, là, en bas. Vous vous sentez mieux ?

Elle prend un temps.


Eh bien moi, je vais vous dire, vous êtes la première personne à qui je parle de ça, et je me sens un petit peu mieux."




Ça, là, en bas ...

Livre à lire de toute urgence. "Qui lit ce texte (livre) ne regarde plus le corps d'une femme de la même manière. Qui lit ce texte ne pense plus au sexe de la même manière."







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mardi, mai 19, 2009

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(sur les mouvements étudiants depuis février 2009)

Intrépide jeunesse délaissée, que penser ?

Je ne souhaite pas rentrer dans le débat politique, juste souligner la détresse actuelle des moyens d'actions, comment se faire entendre ? Comment agir ? Par quels moyens ?

Prenons le cas des étudiants Nantais. Après 8 semaines de grèves intenses, avec au moins durant les 5 premières semaines, une mobilisation forte. Aucune répercussion médiatique, peu de personnes savent que la fac (étudiants/professeurs) est en grève. De frustration en frustration les étudiants se lassent, les jours passent, les manifestations, actions se suivent, sans aucune concession de la part du gouvernement (faibles concessions).
Une manifestation nationale comme celle du 19 Mars témoignait après 6 semaines de grève de la grande mobilisation étudiante.
L'espoir d'une majorité d'étudiants de recul du gouvernement suite à cette manifestation était grand. Malheureusement, ce ne fut pas le cas.
Etudiants fatigués, inquiets, de moins en moins de mobilisation. On lâche le morceau.

Durant la manifestation du 19 Mars, des incidents ont eu lieu tel que des vitrines de banques brisées, etc. Actes de violence donc, et là enfin, les médias s'intéressent à la mobilisation. Les étudiants sont catégorisés de violents, agressifs.
Après 8 semaines de grèves, on remarque enfin qu'il y a oui beaucoup d'étudiants violents qui manifestent ...

Nous ne pouvons pas condamner ces étudiants ayant brisés ces vitrines, de part la détresse, le mal d'indifférence profond dans lequel le mouvement étudiant se trouvait.

Mais alors, doit on aller jusqu'à des actes violents pour enfin, se sentir entendu ?

Les manifestations de masse n'ont pas l'air d'ébranler notre gouvernement actuel (pourquoi ?), comment y remédier, quels moyens d'actions différents, pacifiques pouvons nous mettre en place dans de telles situations ? Comment se sentir acteur aujourd'hui, du destin politique ? Comment montrer son désaccord ? Comment ne pas subir, mais agir ?

(en changeant de président ?! ^^)


Voila des questions que nous pouvons généraliser à une population entière. Quelle est la place de l'opinion de la population dans les décisions politiques aujourd'hui ?


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lundi, avril 20, 2009

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Y a t-il encore quelques personnes qui passent içi ?

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samedi, janvier 10, 2009

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Je décerne la palme d'or aux trois meilleurs films visionné par moi même durant ces trois derniers mois à :






Dancer in the dark
- Lars von Trier

avec Björk, Catherine Deneuve


































Darling - Christine Carrière avec Marina Foïs, Guillaume Canet






























Le Scaphandre et le Papillon - Julian Schnabel avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner






























Un point commun : le drame. Un meurtre sans issue, une sale vie préméditée, une mobilité confisquée. Ce qui touche c'est l'humanité qui ressort de ces films. L'humanité telle qu'elle est, sans artifices, sans rien. Brute, poignante parfois violente. On ressort en ce disant : "eh oui, c'est ça la vie ...", malheureusement où/et heureusement, à vous de voir :)


- "je voulais juste tenir un petit bébé dans mes bras" - Dancer in the Dark

- "Accrochez vous à ce qu'il reste d'humain en vous" - Le Scaphandre et le Papillon

- "si j'enlève la broderie, il reste que la merde. Et la merde ça n'intéresse personne" - Darling


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mardi, décembre 30, 2008

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Pour les livres usés, les feuilles froissées, les mots griffonnés. La musique équivoque et ses éternelles sensations. Je vous aime passionné, passionnément, parfois douloureusement mais toujours sincèrement.

Les rires scéniques, la parallèle.




Mon rire accroché au sien s'étend malicieusement dans ce qu'il me reste de coeur ;)



18 années consommées avec modération :)




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jeudi, décembre 18, 2008

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On se voit sans se regarder.

J'aime la surprise. Partout. Les photos, les romans, les papiers, les gens.
Mais je ne suis pas surprenante.

Cher Mr Cactus, aujourd'hui il a plu. C'était une journée maussade, j'ai mangé une salade trop froide. Les amphis sont trop grands, les gens sont malades. Les gens sont fous. Ils sont vivants. Il y a toujours trop de monde à cette heure ci, on ne sait plus où se mettre. Bientôt Noël, ça se voit sur les visages. Si, regardez bien. Là, à coté de vous.

On s'entend sans s'écouter.



Joyeuses fêtes ! Bientôt 18 ans ! Yeah ;)